Vies et mort de Vince Taylor de Fabrice Gaignault

Je me souviens, passant devant le tabac des Blanches à Houilles, être resté médusé devant un scopitone qui passait à l’intérieur et sur l’écran duquel se démenait un chanteur vêtu de cuir noir, brandissant une chaîne de vélo, entouré de motos et agitant frénétiquement les jambes comme s’il était atteint de la maladie de Parkinson.

Une rengaine idiote revenait systématiquement à l’énonciation de son nom. Vince Taylor aurait gâché sa carrière, mot qui, selon moi, jure avec l’idée même du rock. Devait-on attendre d’un rocker le même destin que celui d’un fonctionnaire ou d’un homme politique ? Non. Aurait-on aimé que Vince Taylor connaisse celui des cacochymes Rolling Stones ou d’Elton John ? Non. Mille fois non. De ce point de vue-là, la carrière de Vince Taylor n’est pas un gâchis mais une formidable réussite. Elton John a connu une carrière exemplaire, en chiffres. Mais Vince Tayor est devenu ce que ne sera jamais Elton John, un mythe. Mythos, la parole fabuleuse sans laquelle ne peut vivre l’homme, cette machine à fabriquer des dieux, avait averti Bergson. À quoi reconnaît-on un mythe ? Peut-être à sa façon de courir vers sa perte, les yeux grands ouverts sur le soleil. De piétiner sans cesse un destin mort-né et de grandir sans cesse. De célébrer son immolation et de se dissoudre dans une brume dangereuse. (FG)

 

Le bonheur, désespérément

     … Mais il y a des expériences plus simples, plus réelles. Pourquoi aimez-vous vos enfants tellement plus que ceux des autres? Parce qu’ils sont plus aimables? Non. C’est au contraire parce que vous les aimez davantage qu’ils sont, pour vous, plus aimables que les autres. L’amour crée la valeur, bien plus qu’il n’en dépend. Il faut dire aussi que tant que nous n’aimons que quelques individus (nos enfants, nos meilleurs amis, parfois notre femme ou notre mari…), nous sommes morts de trouille : parce que nous avons peur de les perdre !
Lire la suite

Conséquences Darren Williams

Les + : l’écriture de Darren Williams est vraiment belle. Il dépeint des personnages auxquels on s’attache très rapidement. Il leur fait prendre de l’importance au fil des pages et accroche de plus en plus son lecteur. On alterne les belles histoires d’enfants avec l’histoire tragique des adultes. Darren Williams mérite notre attention et promet des romans à venir particulièrement intéressant.
Les – : une conclusion banale voir prévisible, quelques personnages du casting qui disparaissent et réapparaissent de manières bien trop futiles. Un décor australien qui aurait mérité encore plus d’évocations dans les pages du roman. On s’attendait à ce qu’il devienne presque l’un des personnages du livre et non, il ne fait qu’apparaitre à la périphérie de l’histoire. Le personnage du flic qui enquête a des réactions qui frisent l’improbabilité jusqu’à atteindre le grand naportnawak quelques chapitres avant la fin.
Quand l’auteur évitera à l’avenir de tomber dans ce genre d’écueils, il mettra à la disposition de ses lecteurs des livres que l’on pourra alors qualifier d’incontournables

Frédéric Fontes

 

Un appartement à New York Jane Smiley

Un meurtre presque parfait.

Ce roman raconte l’histoire d’une bande de copains, pour la plupart musiciens, venus chercher la gloire à New York à la fin des années 1970. Mais le temps a passé et le succès ne fût jamais au rendez-vous, malgré l’entêtement de Dennis et Craig qui ne cessaient de toujours trouver des justifications extérieures à leur malchance. Pour subvenir à leurs besoins ils avaient même entrepris de jouer un peu au dealer.

Avec Alice nous découvrons l’histoire de cette bande de copains pleine de rêve et d’espoir qui petit à petit va connaître les désillusions et le délitement de leur amitié.

                                                     New York, New York, the big apple

Les bulles Claire Castillon

                      Amour noir : 38 nouvelles grinçantes

Un enfant, c’est bien joli, mais j’aimerais autant qu’il ait un père, même absent. J’imagine que tu ne passeras pas ta vie avec ce gars-là, alors fais en sorte qu’il reste à tes côtés au moins neuf mois, c’est important d’avoir un chauffeur pour t’accompagner à la clinique.

Polar : Etoile morte Ivan Zinberg

Le style est simple, percutant, coloré, puisant au pinceau dans une palette rougeoyante à laquelle il ajoute quelques nuances de gris finement posée.
Le final est efficace, intelligemment construit et c’est avec un grand “oooohhhh” suivi d’un “ah boooon ?” qu’on se délecte de ce coupable qu’on n’a pas vu venir. (Babelio)

La Californie autour d’une Kronembourg, mais les bas-fonds guettent !

Sesshin du 11 au 18/02/2017 Kloster Ommerborn

Sesshin du 11 au 18/02/2017 Kloster Ommerborn
Voyage depuis Paris en bus. Changement à Bruxelles puis direction l’aéroport de Bonn/Koln. Trajet dans le brouillard, neige et pluie mais le bus arrive à l’heure malgré tout ! de là, train jusqu’à Engelkirchen… pas de gare, juste un abri non chauffé, une heure d’attente… Rester zen ! J’essaie de trouver un abri, un pub est encore ouvert mais j’aperçois à l’intérieur un groupe d’hommes habillés comme pour une chasse à courre et je préfère m’éclipser et affonter la froidure.
Enfin le taxi arrive avec le train venant de Cologne et cinq autres personnes pénètrent avec moi dans le véhicule. A l’arrivée, je règle 6 euros au chauffeur sans savoir qu’il a déjà été payé et lui prend ça pour un pourboire…
Découverte de cet ancien couvent dans la campagne allemande, nous sommes trois dans la chambre.
Doshi demain. Vu ce matin G. le faire. Demande conseil à F.. Réveil difficile ce matin du mardi. Mais après le 1er zazen ça va mieux. Mon kesa est en observation chez C. car il doit m’être remis par Philippe. Elle critique ma couture et je lui raconte que j’ai vu un moine allemand, je suppose avec un kesa cousu de fil blanc (sic) dont les points très gros sont espacés d’1 cm ! Bon finalement elle veut que je refasse les 4 petits carrés. Lire la suite

C’est chose tendre que la vie André Comte-sponville

                                                 Clair, profond, instructif

La ligne de front ne passe pas entre telle ou telle religion, ni entre les croyants et les incroyants (Voltaire n’était pas athée) : elle passe entre les esprits libres, ouverts et tolérants, qu’ils aient ou non une religion, et les esprits intolérants ou fanatiques, quel que soit le Dieu dont ils se réclament et quand bien même ils ne croiraient en aucun.